ENVIRONNEMENT: LA COUPE SYSTÉMATIQUE DES ARBRES EN HAÏTI, UNE ÉPÉE DE DAMOCLÈS SUR NOS TÊTES


INDIS, lundi 24 août 2020.- À un moment où, mondialement, l’on ne cesse de tirer la sonnette d’alarme sur les agressions contre l’environnement, une telle préoccupation ne semble nullement nôtre au regard de l’insouciance criminelle que nous affichons dans ce domaine.


Contre le réchauffement climatique suite à la fonte progressive des glaciers aux pôles, et contre la déforestation accélérée des grands espaces boisés comme mesures favorables à la protection de l’environnement et de la vie sur la planète- terre, les mises en garde, pour ce qui nous concerne, ne sont pas suivies d’effet et ne semblent pas près de l’être.


Il n’est que de constater le massacre perpétré quotidiennement, dans cette Haïti du début du 21e siècle, contre une végétation soumise à une exploitation anarchique et sauvage sans que personne n’y trouve rien à redire. La coupe systématique des arbres atteint une dimension quasi industrielle au vu de son ampleur dans la production et la distribution du charbon de bois transporté par centaines de milliers de sacs dans des camions en provenance surtout des départements du Nord, de la Grande-Anse, du Sud, du Sud-Est...


Il s’agit d’une entreprise commerciale à l’échelle départementale qui alimente les grands centres urbains au bénéfice d’entrepreneurs sans scrupule, qu’on laisse faire dans un domaine aussi sensible sans préjudice à l’avenir des conséquences néfastes de leurs déprédations dans un pays qu’eux et leurs enfants auront abandonné depuis belle lurette pour des terres plus clémentes.


A un niveau moindre, mais avec des retombées tout aussi dévastatrices, compte tenu de la multiplication des usagers d’une telle pratique et des effets négatifs de celle-ci sur la production nationale, est particulièrement préoccupante la conversion de ci-devants agriculteurs en coupeurs et vendeurs de bois dont l’étalage des billes est on ne peut plus visible au cœur même de quelques-uns de nos quartiers résidentiels.


Les conséquences de telles déprédations s’étalent à vue d’œil : nos mornes dénudés, nos versants montagneux ravinés, leur couverture végétale troquée contre une bidonvilisation qui gagne de proche en proche, défigurant les rares espaces urbains encore soumis aux règles urbanistiques. Comme en témoignent les spectacles désolants de versants montagneux rasés, squattérisés et bidonvillisés surplombant quelques-unes de nos villes (le morne l’Hôpital au sud de Port-au-Prince que jouxte Jalousie, un bidonville récent et d’autres).


Cette ambiance de désolation est nationale. On l’observe à Saint-Marc, au Cap-Haitien à proximité du monument d’entrée (à Barrière-Bouteille au nez du commissariat de police de la zone). Sur des contreforts complètement déboisés, comme à Bienac dans la zone de Ka Solèy au nord de la ville des Gonaïves.


Le cyclone Jeanne, le 18 septembre 2004, qui a inondé cette ville encaissée dans une région de vallée partiellement entourée de montagnes mises à nu, ne pouvait trouver des conditions plus favorables à son entreprise de dévastation qui s’est soldée par 1500 morts, 1 millier de disparus et près de 300.000 sans-abris.


Aujourd’hui encore le cyclone Laura qui a été si bruyamment annoncé, mais qui s’est soldé dans la réalité par une simple journée de pluie, ce 23 Août 2020, est venu à point nommé pour nous rappeler avec ses dizaines de morts et ses inondations dévastatrices sur tout le territoire national: que toutes déprédations et agressions contre l’environnement, dont la coupe systématique des arbres surtout sur nos versants montagneux, finissent par se payer très cher en catastrophes environnementales et en pertes de vies.


Dans la plupart des pays où l’Etat, soucieux de l’environnement, mène une politique positive y relative, il n’a de cesse de considérer et de faire considérer l’arbre comme un bien collectif sacré, la végétation comme un promoteur de vie. Ce que confirme le vieil adage : quand l’arbre s’en va, la terre qui n’est plus protégée s’en va à son tour et l’homme aussi après eux. Fin


Marc-Ferl Morquette Éducateur Ancien Député


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