HAÏTI: ENSEIGNEMENT, QUELLES CONSIDÉRATIONS EN CE 17 MAI?


La date du 17 mai est adoptée comme Journée des professeurs par une résolution du gouvernement du président Paul Eugene Magloire, le 21 novembre 1956. La première Journée des enseignants est censée célébrée en 1957, sous le gouvernement collégial.


Consacré pour témoigner de la gratitude de la nation à l’égard des professeurs, le jour de l’enseignant le 17 mai, rentre dans la lignée des dispositions du ministre de l’instruction publique à l’époque, Dantes Bellegarde qui, sous la présidence de Sudre Dartiguenave, le 30 décembre 1919, associe la fête du drapeau à celle de la jeunesse et de l’université le 18 mai.


C'est ainsi que 38 ans après, en 1957, l'Etat haïtien a tenté de consacrer la date du 17 mai, soit la veille de la fête du drapeau, de la jeunesse et de l’université, pour fêter les professeurs. Ce n’est qu’en 2008 que les syndicats d’enseignants décident véritablement d’observer le 17 mai, comme JOUR NATIONAL DE L’ENSEIGNANT.


Une journée internationale des professeurs est adoptée par l’UNESCO depuis 1994, mais chaque pays a son propre jour du professeur.


Ce qui témoigne de la grande importance du métier de professeur pour la civilisation universelle et le progrès de l’humanité.


L’enseignant est celui à qui, il revient de former les citoyens qui sont les gardiens permanents du drapeau, symbole de l’unité, de la fierté et du patriotisme haitien.


En ce dimanche 17 mai 2020, jour national de l’enseignant haïtien, nous nous trouvons dans la pénible situation de demander: quelles considérations et quelle empathie pour l’éducateur de nos enfants? Celui et celle qui ont la garde de nos progénitures, aux heures de classe, hors du domicile familial, et qui leur assurent le pain de l’instruction, indispensable à leur plein épanouissement politique et social.


Ces questions viennent justement à l’esprit, dans le cadre de cette journée de l’enseignant et de l’enseignante qui coïncide avec les ravages de la covid 19, la pandémie mortelle face à laquelle, l’éducateur(trice) mal encadré(e) est complètement désarmé(e).


L’enseignant haïtien, malgré la noblesse de sa fonction, a toujours été traité en parent pauvre. Son salaire de misère ne lui a jamais garanti un environnement stable, pour lui et sa famille.

Ses enfants ont rarement bénéficié pour leurs études, donc pour leur avenir, des conditions favorables, disponibles pour les enfants de ceux dont l’apport, dérisoire pour ne pas dire négatif, à la construction de la nation haïtienne, ne saurait être comparé au sien.


L’enseignant haïtien, dans la très grande majorité des cas, vieillit et meurt dans des conditions inversement proportionnelles à son rôle positif d’éducateur et de forgeur de citoyens dignes et responsables.


Ils étaient des centaines dans les rues, ce vendredi 15 mai 2020, pour réclamer de nombreux mois d’arriérés de salaire dus par l’état.


Son salaire, une pitance n’est payable que très rarement pour nombre d’entre eux affectés au secteur public.


En cette double occasion de la commémoration du jour de l’enseignant haïtien, ce 17 mai, et des menaces liées au coronavirus, nous pensons qu’il est nécessaire d’exprimer notre solidarité à l’égard de celles et ceux qui, tant au niveau maternel, primaire, secondaire que professionnel et universitaire, constituent le pilier du devenir de nos enfants dans la société en général et dans la famille en particulier.


En exprimant nos profonds respects aux enseignants en la circonstance, loin de vouloir combler le vide entretenu par le silence des responsables de l’Etat, face aux difficultés de toutes sortes qu’endure douloureusement la catégorie socio-professionnelle à laquelle ils appartiennent, nous ne faisons que lancer un modeste signal de solidarité, mais surtout de sensibilisation à un moment où la plupart des dirigeants à travers la planète interviennent régulièrement pour offrir leur support économique et leur soutien psychologique et moral à des secteurs vitaux de leur nation, impliqués de surcroît dans l’actuelle situation de crise sanitaire mondiale.


Nous voulons par ce texte, apporter à l’éducateur(trice) haïtien(ne) en guise de remerciement pour le travail accompli, le réconfort qui lui fait tant défaut.


Espérons que l’État prendra ses responsabilités à l’égard de ces apôtres de la transmission du savoir, en leur prêtant mains fortes, dans leur digne et éprouvant labeur de formateurs(trices).


Mac-Ferl Morquette Enseignant-Militant 17 mai 2020


INDEX INFO SERVICES (INDIS) TELS: (509) 37807171 / 33147878 e-mail: indis2020@yahoo.com Whatsapp: 509 37807171 website: www.indis.top INDIS: INFO POUR SERVIR

Inscrivez-vous à notre newsletter

6 bis, Delmas 60, Delmas, HAITI

indis2020@yahoo.com

tel: (509) 37807171 / 33147878

  • Facebook
  • Twitter
  • Instagram - Cercle blanc
  • YouTube